Voici le Mali sous mes yeux:

Des nouvelles de moi, mes réflexions.
Des anecdotes, toujours dans le respect.
Des clins d’œil aux gens que j'aime.


vendredi 21 novembre 2014

Le clan des scooters de Bamako

Devant la quantité innombrable de motos qui sillonnent les rues du Mali, j'ai naïvement posé la question à savoir s'il y avait aussi des scooters au Mali. La réponse: "Les scooters c'est out!"

Mais quelle ne fût pas ma surprise de trouver un clan de scooters caché au fond d'une ruelle poussiéreuse (dire ruelle et poussiéreuse est pratiquement une tautologie ici).

Le clan des scooters de Bamako

En effet, 6 à 10 hommes et leurs scooters se retrouvent tous les jours pour boire le thé ("faire le grin") avec l'unique réparateur de ces antiques machines.

Dès que je les ai vu, j'ai pensé qu'il fallait que je prenne une photo pour mon amie Caro (qui adore les scooters et la photographie). Cette dernière m'a récemment lancé le défi de faire 5 photos n/b en 5 jours. Alors, j'ai pris mon courage et demandé aux messieurs la permission de les prendre en photo.


Le plus récent scooter vu a Bamako



mardi 18 novembre 2014

Est-ce que la fée des dents va au Mali?

Alizée lorsqu'elle avait perdu sa première dent

Au Québec, ma petite Alizée vient de perdre une dent. Lors de notre discussion matinale sur Skype elle me montre joyeusement son sourire troué. Elle est également ravie du joli cœur en peluche que la fée des dents lui a donné en remerciement du gentil mot qu'Alizée avait placé sous son oreiller.




Mais est-ce que la fée des dents se rend jusqu'au Mali?

Malheureusement, non...

Alors, qu'est-ce que les petits maliens et les petites maliennes font avec les précieuses quenottes qu'ils perdent?

Des poules, il y en a partout... parce qu'il y a beaucoup d'enfants
!
Ils les enterrent dans la basse-cour et la magie des dents fait apparaitre une poule.

Il faudrait faire le test à Québec, parce qu'une poule c'est encore mieux qu'un 2$.

vendredi 14 novembre 2014

Rôtisserie typique

La rôtisserie du coin
 Sur le chemin en revenant du travail, il y a une rôtisserie d'une genre très différent de chez nous. Il y offre de la viande de mouton (ou chèvre) cuite sur un feu de bois qui brûle toute la journée.

Le feu brûle en permanence

Voici la description qu'en a fait Jolianne (ma colloc québécoise):
"On passe la commande, le préposé s'empare d'une grosse pièce de viande sur le grill qu'il charcute avec une machette ou tout autre outil à sa disposition. 

Le boucher en blanc et rouge avec son assistant
Selon l'heure de la journée et le nombre de client qui sont venus, la grosseur de la pièce de viande (de laquelle il s’empare) ainsi que la qualité de la viande (c’est-à-dire le ratio viande versus le gras et les os) varient. L'acte est assez violent et répétitif pour bien casser les os. 

On saupoudre d’un peu de sel et d'assaisonnement, on ajoute de l'oignon, on emballe dans un papier carton, met dans un sac en plastique noir et c’est ready to take out, mieux qu’une commande à l’auto.
  

Si désiré, vous pouvez aussi emporter la viande pour la préparer à la maison. Il suffit que de dire pour combien. Dans ce cas, il vous la tranchera directement à partir d’une carcasse suspendue tout près. Malgré nos standards d’hygiène occidentaux, on finit par s’y faire et même à en redemander"Par Jolianne Lequin dit Mariam Sissoko


Oignons,viandes et épices. C'est délicieux!

ANECDOTE: Le jeune boucher d'environ 20-22 ans nous explique qu'il est fort et qu'il souhaite marier une blanche. Pauvre gars, il n'a pas idée à quel point une québécoise ne le dorloterait pas comme les femmes d'ici le font. Bon, reste qu'il nous donne vainement de beaux morceaux pour nous amadouer.



ANECDOTE: Ma colloque et moi ne nous étions pas bien comprise sur le montant de viande qu'on achetait. Alors, j'ai remis 2000 Franc CFA (4,50$) au jeune boucher. Mais 2 minutes plus tard alors que j'achetais des oeufs dans un autre petit commerce, un petit garçon de 9-10 ans est venu me remettre les 1000 Franc CFA que j'avais donné de trop.

Morale de l'histoire: les maliens sont honnêtes.

mercredi 12 novembre 2014

Wassa Traoré (dit Virginie Gobeil du Québec)

Lorsque tu croises des maliens, que tu prends le taxi ou que tu vas à une réunion ont te demande souvent quel est ton nom malien " I jamou?" ou ton prénom malien " I togo?".

Cette coutume de prendre un nom malien démontre l'accueil et l'ouverture de ce peuple. Tu habites chez eux, tu es accepté comme un enfant du Mali.

Wassa Traoré
J'ai reçu le nom de famille de la première famille chez qui j'ai habité: TRAORÉ (l'un des noms les plus courant ici et portés par des gens célèbres).

Comme prénom, j'avais tout d'abord choisi le seul que je connaissais, soit Mariam. Mais c'est également le plus courant.

Suite à un sondage très scientifique sur Facebook, c'est le nom WASSA qui fût choisi. Surement en raison de sa connotation pour nous: waza (what's up).


Wassa, en bambara signifie:
S’extérioriser, affirmer son indépendance. Celle qui agit pour la  joie et l'épanouissement. Mais aussi, celle qui est suffisante, supérieure, qui est certaine d'avoir raison.

C'est un nom très rare, mais typiquement malien. Il vient d'une vieille tradition qui veut qu'une famille qui a perdu ses premiers enfants ou a eu de la difficulté à en avoir, donne ensuite des prénoms fantaisistes pour conjurer le mauvais sort, tel que Wassa dit l'épanouie.

Wassa Traoré



jeudi 6 novembre 2014

Être une minorité visible

Il faut être franc, il n'y a PAS DE BLANC à Bamako. J'en ai vu 2-3 en 20 jours ici. Peut-être qu'ils ne sortent pas dans les rues, qu'ils roulent juste dans leurs 4X4 aux vitres teintées ou qu'ils ne se rendent pas aux mêmes rassemblement que moi.

Conférence de presse "Jeunes médiateurs de la Paix"
Pas conséquent, je suis assez visible pour les maliens. Mais, moi je ne réalise pas vraiment que je suis différente d'eux et qu'ils me remarquent en se demandant ce que je fais là.

Il y a un petit côté privilégié qui vient avec cela. Lorsque je vais à des événements, les organisateurs ont la délicatesse de considéré la présence d'une canadienne comme un honneur.


ANECDOTE au sujet de la photo: En raison de ma présence à cette conférence de presse pour les "Jeunes médiateurs de la paix", j'étais même aux nouvelles du soir à TV5 Afrique.

mardi 4 novembre 2014

Sur la route... et altercation policière

C'est comme ça sur la route au Mali. Ils ont les plus gros nids de poule jamais vus. La plupart des routes sont en terre battue. Lorsqu'elles sont asphaltées, ils disent "la route de goudron". Sur les routes de goudron, il y souvent des "dos d'âne" qu'ils appellent avec dérision des "policier couché".


L'ANECDOTE qui va avec ce film:
Je filmais tranquillement lorsque nous arrivons à un carrefour très achalandé. Je décide de filmer ce tohu-bohu pour vous. Un policier me voit. Il arrête mon véhicule et exigence d'avoir ma caméra. LE monsieur n'était pas content. Mais j'ai jamais voulu lui donner ma caméra vidéo et vous avez jamais vu une fille apprendre aussi vite comment faire "delete" sur une nouvelle caméra (avec les mains tremblantes en prime).
 


Photo d'un policier lors de mon arrivée à l'aéroport de Bamako.

J'ai retrouvé cette photo que j'ai prise à mon arrivée à l'aéroport de Bamako. Ce n'est surement pas une bonne idée de prendre une photo de policier aux douanes (le monsieur en bleu avec un béret). Un peu plus et ils me renvoyaient directement chez nous.

Monsieur, savez-vous comment allumer un four au gaz?

Un four au gaz se retrouve dans la majorité des cuisines du Mali. Sinon c'est sur un petit feu dans la cour qui sert à la cuisson des aliments.

Cuisine dans la cour
Four au gaz
Pour allumer les ronds, ça va. Mais pour allumer le four ce n'est pas évident.

ANECDOTE:Ma coloc et moi avons demandé l'aide de 3 hommes pour partir notre four. Résultat: aucun ne savait comment faire, mais ils n'ont pas osé le dire. Les hommes au Mali ne cuisine jamais.
Il y en a même un qui croyait que c'était électrique et qui a laissé la roulette du gaz ouverte en disant que la chaleur allait venir (je l'ai fermé après son départ et j'ai attendu 15 minutes avant d'utiliser une allumette).

samedi 1 novembre 2014

Ma route vers mon travail au Renapess

Un peu d'information sur mon travail au Mali.
Je suis envoyée par Carrefour International qui existe depuis plus de 50 ans au Canada.

La bâtisse au se trouve le bureau du RENAPESS
 Je viens pour soutenir le RENAPESS (Réseau national d'appui à la promotion de l'économie sociale et solidaire). Cette organisation à différentes sous-équipes qui travaillent sur plusieurs pôles (sujet) tels que: le tourisme, les questions de genre et les jeunes.





Ils gardent toujours en tête la notion d'économie sociale et solidaire (ESS) qui est très importante au Mali. Cela veut dire qu'ils souhaitent mettre en place des entreprises et des projets qui ont un but utile pour toute la société et qui partage le pouvoir et l'argent également entre les gens qui y travaillent.



Après le passage des camions
Je me rends au travail à pied: 15 minutes de marche dans les pots d'échappement et la poussière. + 15 minutes pour traverser la rue, car il n'y a pas de stop et tout le monde roule où il veut.


 Parfois, je me paie le luxe d'un taxi: 750 XOF (environ 1,75$).
La route vers le travail qui passe devant Mali-Gaz



vendredi 31 octobre 2014

Les nuits du carême... "l'Halloween malienne"

Après avoir entendu ma conversation avec mes enfants sur Skype, Kadiatou (avec qui je travaille) me demande de quelle fête nous parlions. Je lui explique ce qu'est l'Halloween.

Elle me parle d'une fête malienne qui lui ressemble: les nuits du carême qui se déroulent en même temps que le ramadan.*

Durant un mois, les gens doivent jeûner durant le jour et peuvent manger qu'à la tombée de la nuit. Ils doivent également faire de longues séance de prière.

Les soirs des deux dernières semaines, après les prières, les enfants passent de maison en maison pour ramasser des sous (qu'ils appellent jetons) et des céréales.

Calebasse
Les garçons se déguisent avec des cornes sur la tête, de la cendre dans le visage, des feuilles d'arbre et des vêtements en lambeaux. Cela se nomme: Yocoro.

Les filles passent séparément des garçons. Elles ne se déguisent pas, mais chantent en tapant sur des calebasse. Cela ce nomme: Salawaléwalé (du nom de leur chant).

À la fin du carême, les enfants font une fête et utilisent l'argent récolté pour préparer les céréales qu'ils ont ramassé dans les maisons.
Les garçons et les filles fêtent séparément.




P.S Le carême était en juillet-août cette année. Je n'ai donc pas de photo. En voici de mes petits amours du Québec.







*Les maliens sont musulmans, mais ils connaissent bien la religion catholique et pratiquent un mélange des deux religions.

lundi 27 octobre 2014

L'éducation physique au Mali

Ce matin en attendant le sotrama (l'autobus), j'ai eu un vague à l'âme en voyant ce professeur avec ses élèves qui allaient jouer au soccer.

Un groupe scolaire en route vers le terrain de soccer


Partie de soccer
Les supporteurs vu de l'arrière

Au retour en fin de journée, je suis passée devant ce terrain de soccer.

J'ai rapidement pris une photo par la fenêtre du sotrama qui tanguait sur le chemin de terre avec les plus gros nids de poules jamais vus.